Communiqué d’Accra du colloque sur les élections en Afrique
14 November 2009
National Democratic Institute (NDI)
Les dirigeants des organismes de gestion électorale, des partis politiques, des services de sécurité, de la société civile et des médias de 25 pays d’Afrique subsaharienne se sont réunis à Accra, au Ghana, du 12 au 14 novembre 2009, en vue de procéder à une évaluation des élections sur le continent et de formuler des recommandations visant à élever les normes de professionnalisme, améliorer le processus électoral et atténuer les conflits liés aux élections.
Dans de nombreux pays d’Afrique, des élections réussies ont renforcé les institutions et les pratiques démocratiques tout en favorisant la croissance économique. Dans d’autres pays, des élections crédibles ont ouvert la voie à la réconciliation nationale et au retour à un gouvernement civil, après des périodes de conflits armés et de guerre civile. Parallèlement, des élections douteuses ont engendré la violence, accru la polarisation de sociétés déjà divisées et sapé la confiance de la population envers le processus électoral et politique.
Pendant le colloque d’Accra, les participants ont examiné les succès et les défis des récentes élections sur le continent. Les débats sur les meilleures pratiques et les enseignements tirés des élections ont à nouveau mis en exergue l’importance d’une collaboration intersectorielle, d’une bonne communication et de la confiance mutuelle des parties-prenantes comme étant les ingrédients essentiels de la réussite des élections. Les participants ont contribué à des débats comparatifs sur la conception et la structuration des organismes de gestion électorale ainsi que sur les mécanismes d’atténuation des conflits (comme, par exemple, des plateformes de dialogue entre partis, des commissions de liaison entre partis et des codes déontologiques intersectoriels), ainsi que sur leurs dispositions d’application. Évaluant les meilleures pratiques, les participants ont énuméré les éléments suivants comme conditions préalables à des élections pacifiques, participatives et crédibles : inclusion, transparence, intégrité, professionnalisme et responsabilisation.
Les participants ont reconnu qu’il faut approcher les élections de manière holistique, à savoir coordonner les divers organismes de gestion électorale, les partis politiques, les services de sécurité, la société civile, les chefs religieux et les médias. Ils ont aussi constaté sur l’ensemble du continent l’existence d’une demande croissante de renforcement des institutions et des pratiques démocratiques et ils ont pris note de l’existence de la volonté politique croissante de promouvoir des élections crédibles, même si dans de nombreux pays, le processus électoral est loin de répondre aux attentes des populations.
Les participants ont examiné l’importance de la Charte de l’Union africaine sur la démocratie, les élections et la gouvernance, adoptée en 2007. L’article 17 de la Charte « réitère l’engagement d’organiser des élections transparentes, libres et équitables, conformément aux Déclarations de l’OUA/UA sur les principes qui gouvernent les élections démocratiques en Afrique » et appelle les pays à prendre des mesures concrètes pour assumer leurs responsabilités. L’article 22 de la Charte engage les gouvernements à « créer un cadre favorable au contrôle d’élections indépendantes et impartiales ou des mécanismes d’observation de celles-ci. »
Les participants se sont accordés sur le fait que les gouvernements africains doivent ratifier promptement la charte de l’UA et autres instruments pertinents, et que la société civile doit favoriser et surveiller le respect de ceux-ci et publier des notes ou autres rapports sur l’application de leurs dispositions.
Les participants ont reconnu les actes positifs d’organisations régionales telles que l’Union africaine, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC) et la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADEC) qui ont adopté des protocoles visant à favoriser la gouvernance démocratique et le respect de normes élevées de déontologie électorale. Toutefois, les participants ont noté avec inquiétude que l’application de ces normes varie fortement selon les États-membres.
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